Non, ce n’est pas les subprimes. Voici pourquoi.
Vous avez un prêt sur la maison, encore dix ans à rembourser. Vous avez quelques milliers d’euros de côté. Vous faites le plein une fois par semaine, et vous regardez le prix du fioul ou du gaz avant l’hiver. Et depuis quelques semaines, on vous parle de crise, de dette, de 2008, de subprimes. Cet épisode ne parle pas du pays. Il parle de vous, ligne par ligne : le prêt, le plein, le chauffage, le travail, l’épargne, la santé. Et il répond à la question qu’on me pose le plus : est-ce que c’est 2008 qui revient ?
Non. Et je vais vous dire pourquoi, parce que la réponse change ce que vous devez faire.
En 2008, le problème était dans les prêts eux-mêmes. Des millions de prêts américains accordés à des gens qui ne pouvaient pas payer, à un taux d’appel bas qui grimpait au bout de deux ans. Quand le taux a grimpé, les gens n’ont plus payé, les maisons ont été saisies, et les banques qui avaient découpé et revendu ces prêts sont tombées. Le point de départ, c’était votre mensualité. En France, aujourd’hui, votre prêt est à taux fixe, dans l’immense majorité des cas. Votre mensualité ne bouge pas, quoi qu’il arrive aux taux. La loi interdit à la banque de la modifier. Et même si vous perdez votre emploi, la banque ne peut pas vous prendre la maison du jour au lendemain : il y a le juge, les délais de grâce, la commission de surendettement. Ce qui a cassé en 2008 ne peut pas casser de la même façon ici.
Ce que mon calcul montre pour la France, de 2027 à 2029, ce n’est pas vos mensualités qui explosent. C’est l’État qui rembourse moins, et les prix qui montent plus vite que les salaires. Autrement dit, le danger n’est pas dans votre prêt. Il est dans votre fin de mois.
Alors, le prêt. Un prêt à taux fixe, dans une période où les prix montent, est un avantage. Vous remboursez dans dix ans avec des euros qui vaudront moins que ceux d’aujourd’hui, et la mensualité, elle, ne bouge pas. Donc, non, on ne vide pas son épargne pour rembourser par anticipation. On garde la dette, et on garde l’épargne. Je sais que ça va contre l’instinct. L’instinct dit : je dois de l’argent, je rembourse, je serai tranquille. Mais celui qui a remboursé son prêt et n’a plus rien de côté est beaucoup plus fragile, en 2028, que celui qui doit encore à la banque et a trois mois devant lui. Ce qui casse les gens dans les années pénibles, ce n’est pas la dette. C’est l’absence de réserve.
D’où la règle, la seule que je vous demande de retenir : un à deux mois de dépenses de côté, intacts, plus une marge d’un à deux mois si vous le pouvez, et on n’y touche pas avant mai 2029. Pas pour un placement, pas pour rembourser, pas pour une occasion. C’est la différence entre subir une panne et la traverser.
Le plein, maintenant. Le prix du carburant, c’est la ligne qui bouge le plus vite et qui vous touche le plus directement. Je ne sais pas le prix du litre en 2028. Ce que je sais, c’est que les routes du pétrole ont été coupées en février 2026, et que les années qui viennent sont celles où l’on paie le détour. Ce que vous pouvez faire, ça tient en une phrase : réduire ce que vous dépendez d’un plein. Un trajet partagé, un deuxième mode pour aller au travail, un télétravail de plus par semaine, une voiture de moins dans le ménage si c’est possible. Chaque kilomètre que vous n’avez pas à faire est un kilomètre qui ne vous sera pas facturé au prix de 2028.
Le chauffage. C’est la ligne où la question du budget se pose le plus brutalement, et je vais y répondre deux fois. Si vous avez dix mille euros : la deuxième source de chaleur, un poêle, une citerne de fioul pleine à l’automne, des panneaux et une batterie, pendant que les aides existent encore, parce qu’elles reculent à l’hiver 2027-2028, et avant l’addition de 2028, où le courant va d’abord aux usines. Si vous avez cent euros : l’isolation qu’on fait soi-même, les joints, les rideaux épais, le bas de porte, la pièce qu’on chauffe et celles qu’on ferme ; les usages qu’on déplace aux heures creuses avant que le compteur l’impose ; et le collectif, l’achat groupé de bois ou de granulés, la chaudière d’immeuble renégociée. Ce n’est pas la même protection, mais c’est une protection. Et ce qui est fait en 2027 tourne en 2028.
Le travail. De 2026 à 2027, par trois fois, la façon de travailler en France est bousculée : juin 2026, décembre 2026, avril 2027. Ce n’est pas une vague de chômage. C’est une bousculade : des postes qui changent de nature, des métiers qui se déplacent, des usines qui reviennent là où les routes ont changé, et une technique qui remplace des tâches. Ce qui vous protège, ce n’est pas votre employeur, c’est ce que vous savez faire et qui vous suit d’un emploi à l’autre. L’année pour l’apprendre, c’est 2027. Et l’assurance perte d’emploi sur votre prêt, regardez-la : elle existe en option et sous conditions strictes, elle ne couvre pas tout, mais si vous l’avez, sachez ce qu’elle couvre.
L’épargne. Vous me demandez s’il faut encore mettre de l’argent en bourse. Je vous retourne la question : une part de quoi ? Acheter une action, c’est posséder une part d’une entreprise. Si cette entreprise fabrique quelque chose dont on a besoin, de l’énergie, de la nourriture, des soins, des réseaux, cette part vaut quelque chose quels que soient les chiffres sur l’écran. Si elle ne vaut que par la promesse de monter, elle vaut ce que vaut la promesse. Ce n’est pas l’écran qui disparaît. C’est la confiance dans les chiffres qui se brouille, en 2029-2031. Donc : on répartit. Compte, espèces, biens réels, parts d’entreprises utiles. Pas tout dans une devise, pas tout dans un support. Et pas de décision patrimoniale dans les trois semaines autour de chaque pic de 2028.
La santé. Entre juin 2030 et mars 2031, la capacité de l’État à tenir ses promesses est comptée, et deux éclipses tombent dessus. Pour vous, ça veut dire des remboursements qui tardent, des délais qui s’allongent, des services qui ne ferment pas mais s’effacent. Ce qu’on fait : les soins qu’on repousse, on les fait en 2027. Les lunettes, les dents, l’opération qu’on remet. Et une complémentaire qu’on a lue, pas seulement payée.
La famille. Rapprocher les générations n’est pas un repli. C’est une économie : un logement partagé, une garde d’enfants qui ne coûte pas, un parent âgé qu’on n’a pas à placer. Les années qui viennent sont celles où les familles qui tiennent ensemble dépensent moins que celles qui vivent chacune de leur côté. Et l’année pour décider, c’est 2027.
Ce que je ne sais pas : le prix du litre, le taux du livret, le nom de la mesure d’économie de janvier 2028. Je donne les saisons, pas les chiffres. Et une chose encore : rien dans ce que j’ai calculé ne ressemble à une faillite de la France, à une saisie de vos comptes ou à une perte de votre maison. Je surveille trois signaux pour ça, je les ai donnés dans l’épisode six, et aucun n’est allumé.
Le guide est sur ericmartin.fr. Et si cette façon de lire vous parle, je fais le même travail pour une vie, la vôtre : quelle année pour le prêt, quelle année pour le changement de métier, quelle année pour la maison. C’est ce qu’une consultation donne.
Dernier épisode : quatre façons de ne plus subir.
Quelle ligne vous inquiète le plus ?
Une lettre par mois, gratuite : les épisodes du mois, une situation lue, un fait du moment replacé dans les cycles. Désinscription en un clic.
Vous aussi, vous avez vos hivers et vos printemps, et il vaut mieux savoir quand ils arrivent. C'est le cœur de mes consultations, en astrologie occidentale comme en Saju, l'astrologie coréenne des Quatre Piliers. À Lorient ou à distance.