Un astrologue avait la date. Pas les pillages.
Samedi 17 octobre. Huit cent mille personnes dans la rue contre la vie chère. Le soir, des vitrines cassées sur des rues entières à Paris, des magasins pillés à Lyon, à Rennes, à Lille, la mairie de Limoges saccagée. Dix-huit cents arrestations. Cent cinquante policiers blessés. Vous avez vu les images. Moi, j’avais la date.
Pas les pillages. Personne ne peut prévoir des pillages. Mais le jour. Je m’appelle Eric Martin, je suis astrologue à Lorient, et depuis la mi-septembre j’avais écrit que la France traverserait, jusqu’au début novembre, la période la plus lourde de son automne, avec le 17 octobre comme point le plus exposé, et un État qui répondrait trop lentement. C’est publié, daté, vérifiable.
Je vais vous expliquer comment ça marche, parce que je vais vous parler des dix années qui viennent, et je veux que vous puissiez juger.
Je ne prédis pas les événements. Je prédis le temps qu’il fera. Un pays, c’est comme une personne : il a une date de naissance, la France actuelle est née le 4 octobre 1958, et à partir de cette date on calcule les périodes où il est fragile et celles où il est solide. Je sais dire : ce mois-là, le pays sera sous pression sur l’argent, ou sur son gouvernement, ou sur son énergie. Je ne sais pas dire ce qui va craquer. Comme la météo : il va pleuvoir, et fort, sur ce champ-là, à cette date-là. Pas quel arbre tombe.
Prenez le 17 octobre. Ce que les journaux disaient depuis un mois, c’est : la dette, le budget, les taux. Et c’est vrai, l’écart de taux entre la France et l’Allemagne, ce que les marchés nous font payer en plus pour nous prêter, est passé de quatre-vingt-cinq points début septembre à cent quarante-sept le 2 octobre, du jamais vu depuis 2012. Mais ce que mon calcul disait, c’était autre chose, et c’était plus juste. Il ne disait pas « dette ». Il disait : ce sont ceux qui prêtent à la France qui vont juger si elle est encore crédible. Et c’est exactement ça, un écart de taux. La dette n’a pas bougé entre septembre et octobre. Ce qui a bougé, c’est ce que les banques et les fonds pensent de notre gouvernement. Mon calcul avait le bon mot avant les journaux.
Alors voilà ma règle. Je publie les dates avant. Je les laisse même quand elles ont tort, et je le dis à voix haute. Je donne pour chaque période ce qui est sûr, ce qui est une lecture, et ce que je ne sais pas. Parce que vous dire ce que je ne sais pas fait partie du travail.
Et avant de continuer, une chose que je veux poser tout de suite, parce que vous allez m’entendre parler d’années difficiles. Difficile, ça veut dire quoi, dans ce que j’ai calculé ? Ça veut dire de l’essence chère et des coupures d’électricité aux heures de pointe. Ça veut dire l’État qui rembourse moins et qui aide moins, parce que Bruxelles et les marchés lui tiennent le portefeuille. Ça veut dire une monnaie qu’on ne comprend plus bien pendant deux ans. Ça ne veut pas dire une panne générale, la fin des réseaux, ou la bougie. Les années que je vais comparer, 1956, 1993, 2010, 2022, les gens les ont vécues comme des années pénibles. Pénibles. Pas mortelles.
Maintenant, les dix ans. Je les ai découpés en épisodes, et voici ce qui vous attend.
Cette semaine, du 21 au 27 octobre : l’État doit répondre au 17. Taxe, matraque ou démission. Sa réponse comptera plus que l’événement. C’est l’épisode deux, et il faut le lire avant mercredi.
De la mi-novembre à début janvier : l’hiver du budget, où rien ne se débloque, où un gouvernement peut tomber en décembre comme il y a deux ans, et où il faut avoir commandé son chauffage avant le 30 novembre. Épisode trois.
Fin janvier à fin mars 2027, en pleine campagne présidentielle : la période la plus dense des dix ans. Un événement en février, pas électoral, une panne, une rupture, un scandale, auquel l’État répondra de travers, et qui changera l’élection. Vous voterez sans avoir digéré. Épisode quatre.
Puis, d’avril 2027 à mai 2028 : la seule année où vous pouvez tout changer, déménager, vous former, lancer un projet, sans que le monde vous résiste. Si vous ne retenez qu’un épisode pour vous-même, c’est le cinq.
Puis 2028 : l’addition. L’électricité qu’on coupe aux usines ou aux ménages, les salaires négociés contre les prix, la dette renégociée. Épisode six.
Puis 2029 à 2031 : l’euro numérique arrive, la Banque centrale vise 2029, et pendant deux ans votre épargne garde son chiffre et change de poche. Épisode sept.
Puis 2032 à 2034 : la seule période où votre voix comptera vraiment, avec une réforme du vote en 2032 et peut-être une Sixième République en 2033. Épisode huit.
Et deux épisodes pour finir. L’un sur votre prêt immobilier, votre plein, votre chauffage, avec une réponse à la question que tout le monde me pose : est-ce que c’est comme les subprimes ? Non, et je vous dirai pourquoi. Et l’autre sur quatre façons de ne plus subir, dont la première est : pas un champ à cinquante kilomètres, un jardin à cinq minutes.
Vous ne m’entendrez jamais dire le nom d’une planète. La technique est dans les notes du guide, pour ceux qui veulent vérifier. Ici, on parle de votre plein, de votre crédit, de votre travail.
Le guide fait soixante-quatre pages, il est gratuit, avec le calendrier complet et les gestes à faire saison par saison. Il est sur mon site : le guide, en ligne, PDF et ePub.
Et si cette façon de lire le monde vous parle, sachez que je fais le même travail pour une vie : la vôtre. Vous aussi, vous avez vos hivers et vos printemps, et il vaut mieux savoir quand ils arrivent. C’est mon métier, à Lorient ou à distance.
À mercredi.
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